Vita, amor, schola et cetera !

La vie, l'amour, l'école, etc.

08 octobre 2009

Reprendre son souffle

Beaucoup beaucoup de temps s'est écoulé depuis la dernière fois. J'aimerais écrire, mais je n'ai plus les mots. Je ne sais plus faire. Et beaucoup trop de choses se sont passées pour tout raconter, et même donner une vague idée de ces quelques mois d'absence. Alors, en vrac :
- des vacances moyennes, avec grosse remise en question et grosses disputes avec mon Namoureux. Actuellement, on vient de fêter un an et le cyclone semble être passé. Mais je n'arrive toujours pas à me lâcher et lui dire qu'on donne notre préavis pour s'installer tous les deux.
- du travail plus que par-dessus la tête et un mois de septembre atroce et surmené : 4 niveaux différents en lycée (eh oui, entre le français et le latin...) + la fac + la trouille de ne pas assurer... Un état de stress quasi permanent qui commence à régresser.
- un lycée de Bisounours avec des élèves comme je n'en avais jamais vus, gentils, polis, marrants, (un peu) travailleurs (je suis en train de découvrir que pas tant que ça en fait...).
- des collègues tous proches de la retraite, fossiles présents depuis des décennies dans les murs, dont les enfants ont mon âge ou presque et qui peinent à m'adresser la parole. Des coups bas entre eux que je commence à deviner, une ambiance détestable. Et ces plaintes constantes : "ils sont trop nuls" alors qu'ils feraient bien de partir à 3 km se promener à Ptit collège ZEP où j'étais il y a 2 ans.

Globalement je suis heureuse.
J'ai en gros tout ce dont je rêvais.
Ensuite il y a les concessions du quotidien : comprendre que l'amour, c'est aussi mettre en commun ses défauts avec ceux de l'autre ; réaliser qu'il vaut mieux se crever sur les préparations que pendant les heures de cours où on ne fait pas vraiment cours ; assimiler qu'il y a des cons partout qui ne peuvent pas tous m'aimer.

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13 juillet 2009

Après l'effort...

Après le cortège des ras-le-bol de fin d'année, le cortège des bonnes nouvelles pour les jours et mois à venir !

- Lundi prochain, à la même heure, je serai en vol pour la Grèce. Enfin ! Je vais recharger mes batteries sur ces terres qui me sont si chères !

- J'ai obtenu l'affectation à l'année que je convoitais dans Grand Lycée de centre-ville ! Au programme : 2nde et 1èreS en français, 2nde et 1ère en latin. Que du bonheur ! (bientôt viendront les angoisses et les interrogations existentielles : suis-je de nouveau cap de faire des cours de niveau lycée, ne suis-je pas devenue une burne à force de faire "je chantE, tu chantES, il chantE" avec les 6e ?)

- On m'a proposé une charge de cours de 2h de latin à la fac, sur laquelle je me suis précipitée. Mais maintenant je me dis que : cours de lycée + cours à la fac + ma 2e année de licence = trop-plein dans mon cerveau, ou du moins dans mon emploi du temps... Moi qui avais peur de régresser, là je suis sauvée !

Mais là, tout de suite maintenant, il est temps de profiter de mon Namoureux...

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08 juillet 2009

VACANCES !

Enfin du temps libre, enfin plus de sales ados boutonneux ricanant, enfin des grasses mat' !

C'était une fin d'année assez sportive, que j'ai cru ne jamais voir arriver.

- Tout d'abord les mardis dans le collège du trou du cul du monde à 100 bornes d'ici, où personne ne te parle parce qu'ils sont tous occupés à préparer cette sauterie de fin d'année que j'exècre, où tout le monde redevient copains, où Machin et Bidule, respectivement prof de techno et CPE, vont faire une saynète et se déguiser en pute et en beauf. Je sais, je suis une sale élitiste, mais tout ça me fait rire, quand ça ne m'afflige pas. Bref, j'ai découvert les joies du petit collège rural au milieu de nulle part, et j'avoue que j'en viens à AIMER ma Triste Ville ouvrière où il ne se passe pourtant pas grand chose... Je n'avais jamais fait cours avec vue sur des vaches en train de paître, j'avais oublié qu'il existe encore des endroits où les ronds-points n'ont pas encore été inventés et où il reste les bonnes vieilles priorités à droite, où pour se repérer on suit le panneau "Toutes directions" qui ne veut rien dire (à moins de vouloir rester en plein milieu de la chaussée...). Le plus grand avantage de cette épopée est que je n'ai toujours pas signé tous les arrêtés et que je peux donc pour l'instant me mettre mes indemnités de déplacement où je pense, peut-être les aurai-je pour payer les cadeaux de Noël...

- A Grand Collège de centre-ville ont aussi eu lieu les festivités de fin d'année, sans saynètes beauf, mais avec lancer de profs dans la piscine, réjouissance que j'ai évitée de peu en partant à temps. Lors de cette soirée, j'ai dû écouter les  confidences atroces de Zoé qui me fait comprendre qu'entre elle et son Jules, ce n'est plus qu'une coloc, et encore, des colocs ne s'engueulent pas tout le temps. J'avais envie de lui crier de se taire, j'avais mal pour le Jules en question, et davantage encore pour la mini-Zoé, qui n'a rien demandé à personne, si ce n'est de pouvoir bientôt fêter son premier anniversaire tranquillement. J'ai vu Zoé qui avait besoin de plaire, de draguouiller les collègues. Et ça m'a saoulée.

- Au rayon ruptures, suite de l'aventure de mes collègues qui se séparent. Le futur ex-époux trompé s'est amouraché de moi (ça devient courant ce genre de truc, et inquiétant ; soit j'ai le profil de la maman rassurante, soit celui de la maîtresse salope...), il a fallu l'éconduire, violemment, car il ne comprenait pas. Il a fallu affronter le débile "je ne te pardonnerai jamais" prononcé en salle des profs (et non en cours de récré...) face à ma froideur et à ma méchanceté, vite oublié d'ailleurs...

- Le calme n'est pas revenu. J'ai du mal à me croire en vacances. Je dois attendre la fin de la semaine pour savoir où je serai affectée l'an prochain, puisque je reste Toujours Z'en Route... Et bizarrement, j'angoisse beaucoup cette année. Et puis, face à tous les couples qui se séparent, j'ai peur à la moindre dispute, peur que tout se complique en vacances,  peur qu'on soit pas un couple "normal", peur aussi pour la santé de mon Namoureux qui n'a toujours pas éloigné le spectre de la rechute, peur de me mettre à visiter des maisons pour déménager en octobre, comme on l'avait prévu...
Je réfléchis beaucoup et je m'englue...

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07 juin 2009

Dépassée !

J'ai du mal à me tenir à l'écriture régulière. Je suis de plus en plus facilement débordée ! Voici donc quelques nouvelles rapides, avant de prendre le temps d'en donner davantage.
- J'ai eu ma première année. Brillamment ! Ce qui me regonfle le moral. J'ai enfin eu l'impression de faire quelque chose de bien cette année.
- 8 mois avec mon Namoureux, et un tournant. Nous nous connaissons désormais suffisamment et vivons suffisamment l'un sur l'autre pour nous énerver à certains moments. Il faut maintenant apprendre à faire des concessions pour éviter l'orage fréquent et sans raison valable. Il faut reconnaitre que nos caractères sont pourris de chez pourri... Mais nous gagnerons. Car dans ces moments de tempête une seule chose est sûre : nous nous aimons.
- Fin d'année, enfin. Je dois laisser une classe car celui que je remplaçais revient, et partir en échange à 100 bornes... heureusement une fois par semaine ; je commence mardi. Et je vais être inutile. 1h par classe pendant 3 semaines, pour faire croire aux parents qui ont prévenu le rectorat qu'on les a entendus... Saloperie d'Education Nationale ! Et moi je vais me lever à 5h les mardis et polluer la planète pour rien...
- L'an prochain, il y aura 16h pour moi à Grand Lycée de centre-ville à côté de chez moi, où tout le monde m'attend, comme me le montrent les coups de fil de collègues. Si le rectorat les donne à quelqu'un d'autre, j'y fous une bombe !
- Les vacances en Grèce se préparent et j'ai hâte d'aller voir si j'ai volé ou non mon 19,75 de moyenne !
- Bémol : ma trouille, mêlée de fascination, pour l'avion s'est réveillée depuis une semaine... Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps pour des gens que j'ai l'impression de connaitre, totalement maso, je ne peux m'empêcher de me renseigner jour après jour des recherches... J'ai beau me dire que le crash aérien, c'est comme le Loto (auquel je ne joue pas d'ailleurs), je ne suis pas rassurée. J'en rêve trop souvent d'ailleurs.

Bilan : dans l'ensemble, je suis heureuse. Très heureuse. Je ne dis pas assez que j'aime mon Namoureux.

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02 mai 2009

Quelques heures avant le grand saut

Depuis quelques semaines, je suis silencieuse car je travaille comme je n'ai pas travaillé depuis longtemps. 5 disserts en 1 mois 1/2, ça tue...
Les partiels commencent lundi. Après ça ira mieux et je pourrai être fière de moi. Et ça me fait une semaine sans voir les morpions, et ça, ça n'a pas de prix !
Je suis dans les startings, j'ai acheté gâteaux à grignoter et bouteilles d'eau aromatisées comme lorsque je passais les concours. J'adore cette préparation et sentir le trac prendre possession de moi.
Je crois que j'ai besoin de cette montée d'adrénaline pour me tester. C'est idiot, mais ça me motive.
Je redeviendrai bavarde ensuite.

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17 avril 2009

Les 10 choses qui font que c'est une évidence...

(10 parce que c'est un compte rond, mais je peux en trouver d'autres !)

- l'odeur de sa peau quand je pose mes lèvres sur son ventre

- ses yeux dorés qui pétillent quand il me regarde
- sa façon de faire l'andouille,  notamment lorsqu'il imite un portable qui vibre
- son envie de se lever tôt, quand il ne travaille pas, pour me faire à manger, parce que moi j'ai beaucoup de boulot
- son sourire avec sa petite fossette
- ses premiers mots, lorsque le réveil sonne à 5h55 et qu'une grosse journée s'annonce pour nous : "je t'aime" (quand je ne le devance pas...)
- sa manière de se laisser aller et de s'endormir contre mon coeur lorsqu'on regarde des trucs débiles tard le soir à la télé
- sa façon de me caresser le front et les cheveux quand je m'endors contre lui en regardant les mêmes trucs débiles
- sa promesse qu'il va m'aider et que tout va s'arranger quand j'ai l'impression que c'est la fin du monde - promesse tenue dans tous les cas
- son torse, son ventre et ses bras musclés, son corps de rêve que j'ai envie de bouffer...

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14 avril 2009

Vacances version solitaire, et prise de tête...

Deuxième semaine de vacances. Petit moral, avec tout le boulot que j'ai... Encore 2 paquets de copies des mioches + 2 séquences à finir de préparer + révisions pour les partiels qui commencent le 4 (langue, littérature, histoire avec encore une dissert à faire, civilisation...)... Ça faisait des siècles que j'avais pas bossé autant pendant les vacances ! D'ailleurs c'est la première fois depuis 7 ans que je ne pars pas pendant les vacances d'avril.
Baisse de moral car abandonnée par tous : mon Namoureux chez sa mère, je n'ai pas voulu le suivre, car il fallait que je travaille absolument ; Mélissa en Grèce (je l'ai bien contaminée !) ; pas de nouvelles de Will depuis un bail ; collègues et amis occupés (bébé(s)/couple/vacances/copies) ; parents à la mer ; Frérot amoureux...
Depuis 4 jours, j'ai l'impression d'être Robinson sur son île, je n'ai même plus envie de sortir ; je suis allée à la Poste en début d'aprèm et c'était comme si les gens allaient m'agresser ! Je suis rentrée bien vite. Heureusement que j'ai de quoi me nourrir ! Il me reste des gaufres que j'ai faites hier. Faut pas se laisser abattre !

Moment de grosse remise en question.
- Les partiels : pourquoi m'imposer cela ? en ai-je besoin ? Irai-je jamais vivre en Grèce ? Ai-je besoin de ce challenge : apprendre, toujours, me tester, savoir ce que je vaux, voir "Très bon travail" écrit en haut d'une copie, ne pas savoir l'apprécier et me focaliser sur la liste de choses qui en contrepartie doivent être améliorées ?
- Mon boulot de prof : pourquoi ne faut-il pas rêver à un poste fixe ? Pourquoi étant agrégée suis-je réduite à faire des trucs de merde, à passer pour un sous-fifre à peine diplômé ? J'ai parfois l'impression que je serai toute ma vie TZR, devant remplacer des collègues qui m'expliqueront avec beaucoup de bienveillance le COD... Je me sens parfois nunuche au point de ne pouvoir tirer parti de ce que je suis véritablement. C'est comme si tous les gens malins étaient mieux lotis que moi. Comme si j'étais trop gentille et systématiquement grillée par tous les autres. Alors heureusement que j'ai ma licence. Ça, on ne me le prendra pas. J'aurai au moins une supériorité sur eux. Et qu'on ne me serve plus le très con : "Mais qu'est-ce que tu fais là ? tu mérites mieux que ce poste pourri, t'es agrégée." Je ne sais même plus si je suis capable de faire cours à des lycéens...
- Mon couple : mon paradis, mais dernièrement troublé par des cyclones, les premiers, et pour des conneries. Mais rien ne change. Plus de 6 mois et jamais pour moi les choses n'ont été aussi évidentes. Après l'été nous devrions chercher une petite maison pour abriter nos fous rires et nos étreintes.
- L'amour en général : autour de moi, les couples qui se font, et surtout se défont, m'amènent à avoir peur. Encore un exemple sous mes yeux, collègues parents de 3 enfants en bas âge, qui pour tous étaient un couple modèle. Rupture pour un autre, dans la même salle des profs... Si ce n'était aussi horrible, on pourrait presque rire de la situation vaudevillesque. Et Zoé (oui, je rebaptise tout le monde, c'est l'ancienne E. !), devenue ma collègue cette année, grâce au miracle de ma vie de TZR, qui commente : "Moi je ne suis pas sûre de finir ma vie avec Chéri-Chéri." Et moi, les yeux encore plus ronds que ronds, puisqu'elle n'est revenue de son congé mater qu'en janvier... (Oui, c'était moi son joker !)
Bref. J'ai parfois l'impression que ce que le destin me donne n'est que de courte durée. Que le bonheur dont je dispose n'est pas normal, ou bien s'arrêtera. Et si par hasard on se dispute... je tremble de peur.
Enfin bon, il me reste des gaufres.

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27 mars 2009

Cons-seils de classe

Semaine difficile. Pourtant la période entre les vacances de février et celles qui seront là dans une semaine a été courte. Et celle qui suivra sera encore pire, puisqu'elle contient mes partiels et des semaines innombrables de cours, avec des élèves aux hormones affolées par le printemps et la chaleur.
Période des conseils de classe de 2e trimestre, déjà... Le temps passe beaucoup trop vite... Bilan pour tous ces élèves, les 5e que je connais à peine, classe pleine de cas, dont Nicolas qui remplit ses marges de supers "Merde" calligraphiés ; les 6e dont le jeune âge me paraît toujours dur à supporter (peut-être suis-je vexée parce qu'ils ne comprennent pas toujours mes blagues infiniment drôles) ; et les 4e "ô rage, ô désespoir...". Quand je les ai deux heures le mercredi, il faut que je prenne un gros petit déjeuner, avec toasts au miel et parfois même au Nutella, muesli aux fruits, et j'en passe, car ils me crèvent.
"Hé M'dam, pffff, ouah comme on écrit trop en français !" "Ouais on n'a jamais écrit autant !" "Ouais on n'écrit pas autant dans les z'aut' matières !" "Ouais même que l'aut' prof elle faisait moins écrire !" "Ouais c'est bon, d'tout'façon y'a des préférences ici..." "Ouais c'est toujours les mêmes qui prennent" "Ouais, c'est bon là, tu m'rends mon stylo !" "Ouais pauv' bouffon, pourquoi tu lui as caché sa trousse ?" "Ouah mais lui c'est trop un colis !" "P'tain faut la coller c'te feuille, la prof elle l'a dit, hein m'dam ?" "M'dam j'peux passer avec la corbeille pendant qu'y collent ?" "On n'est pas obligé d'les copier, hein, les trucs là au tableau ?" "Ouais, moi j'copie pas les questions, c'est bon !" "Pfff j'm'en fous, j'y comprends rien à c't'exercice, d'tout'façon ça sert à rien !" "Ouais personne parle comme ça !"
Tous les mercredis à 11h, un brancard m'attend à la sortie pour me ramener chez moi... Non, chaque mercredi ou presque, je les suis pour les accompagner en Espagnol et rendre au collègue les livres/cahiers de ceux qui recopiaient les exercices sur un camarade pendant mon cours. Eh oui ! Fallait bien qu'ils s'occupent : ils ne pouvaient pas suivre la correction des exercices de Français, ils ne les avaient pas faits... J'ai trop envie de les vendre sur E-Bay, ces morveux. Enfin, c'est pas avec ça que je paierai mes vacances en Grèce !

Mêlé à ces tracas de fin de trimestre, une grosse engueulade avec mon Namoureux et une petite qui a suivi le lendemain, comme une réplique de séisme. Et ça, je ne sais toujours pas gérer. Je reviendrai en parler quand je pourrai mettre des mots dessus.

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21 mars 2009

Journée "Gros sac"

Voilà une bonne journée "gros sac" à trainer ma misère, à me faire chier (alors que j'ai 500 mille choses à faire, mais préfère glander) et à faire donc mon gros sac en zonant dans ma cuisine pour prendre le soleil avec vaguement de quoi travailler et mon muesli aux fruits à portée de main.
Mon Namoureux travaille ; mon meilleur pote, A., qu'on va appeler Will dans la nouvelle saison (oui, ça fait plus feuilleton américain !), n'est plus mon meilleur pote depuis décembre, depuis qu'il est devenu fou en apprenant que j'étais avec M. Voisin, donc il ne m'appelle plus, pensant sans doute que je passe ma vie à forniquer au rez-de-chaussée (ce qui n'est pas totalement faux), donc je ne sais pas ce qu'il fait ce week-end ; ma copine préférée S., alias Mélissa, est en week-end avec son chéri ; les joignables au téléphone ne sont pas joignables, mon frère consacrant son aprèm au sport puis sa soirée à sa nouvelle chérie.
Enfin, c'est pas comme si j'étais sur une île déserte. J'ai un paquet de rédacs idiotes de 4e à corriger, un cours de 5e à préparer, et plein de trucs à faire pour ma nouvelle licence à distance. Mais pffffff...
Je m'allonge 2 heu 10 minutes sur mon canapé, je regarde ma lessive sécher dehors (ça l'aide), je me lève pour boire un coup, je vais sur ma boîte mail, je joue avec la super toupie des fausses vaches qui rient Intermarché, je mets à fond la radio grecque et je chante, très fort et très faux, ne comprenant que la moitié de ce que je dis, mais trouvant les sonorités très chouettes, je mange une poignée de muesli, je défais mon chignon et me recoiffe, je joue avec mon élastique, je rebouche mon stylo débouché depuis 20 minutes, je soupire, je regarde l'heure, je feuillette le Routard Iles grecques pour cet été...
Jchuis pas motivée...

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17 mars 2009

Après l'effort...

Si vous avez bonne mémoire (ou que vous avez bien ri naguère), vous devez vous souvenir que ma vie sentimentale en 2008 (comme en 2007 d'ailleurs, et peut-être même en 2006... ça fait un peu looseuse de luxe, là, j'ai presque honte !) était une grosse merde. C'est même peu de le dire ! Du genre la merde qu'on écrase du pied droit, qui éclabousse le bas du pantalon, comme dans la rue à côté de chez moi, quand les mémés oublient d'utiliser les magnifiques Toutounets  en libre service (tiens, d'ailleurs, au début j'ai fait rire mon frère, car j'avais pas compris le jeu de mots, je pensais à "Toutouné", genre "oh, mon ptit toutou, mon Toutounet !!!" Enfin, bref, c'est pas grave, c'est pas un jeu de mots hyper intellectuel, ça me vexe pas).
Le premier semestre 2008 a donc été mémorable dans le genre "j'ai de nouveau 15 ans, je me nourris de Sex and the City et ma vie est pleine de vide". Enfin, avec le recul, j'ai bien ri quand même. J'allais au collège tout émoustillée, avec les mêmes sensations que pendant mes années ado, quand, en seconde, j'attendais à 17h tous les soirs la minute de bonheur pendant laquelle le beau brun passerait le long de mon car... Attention ça a l'air pathétique, mais à la rentrée suivante, il était dans ma classe et j'ai fini par l'avoir (au mois d'avril...). En ces temps, ça marchait mieux pour moi, car là, mon nase de collègue n'a pas craqué, parce qu'il ne craque pour personne, hormis son chien et sa mère.
On va passer vite sur cette aventure que j'ai déjà racontée, qui avançait à la vitesse d'une limace handicapée pour finalement n'aboutir à rien. Cette histoire foireuse, je l'ai exposée dans l'ancien blog en long en large et en travers, mais je la racontais aussi en détail à celui qui était devenu mon confident, mon cher voisin. Mon M. Voisin, qui était là, toujours...
On allait nager ensemble toutes les semaines. On mangeait souvent ensemble. On allait au cinéma ensemble. On discutait des heures au soleil sur notre terrasse commune, les dimanches, habillés en crados (moi pas maquillée, à peine coiffée...). Il me faisait partager ses soucis avec sa copine du moment. Il se réfugiait chez moi quand il avait besoin de parler de ses problèmes de santé d'alors. Je l'appelais à minuit quand un mille-pattes ou une araignée zonait au-dessus de mon lit. Il me préparait des gâteaux à la noix de coco. Je l'aidais à choisir ses fringues.
Je savais ce qu'il ressentait pour moi. Mais d'abord il y avait sa copine, que je détestais, et qui me détestait. Quand il est venu au début de l'été me dire que c'était fini, je le savais avant qu'il n'ouvre la bouche. Ensuite, moi je pensais à l'autre grand niais. Puis il y a eu l'hôpital, l'opération et fin juin il m'a fait sa déclaration. Dans cet univers, face à lui si fragile physiquement, moi, si fragile moralement, j'ai fui. Je me suis réfugiée derrière : "Tu es comme mon frère". Ce qui est vrai. Nous sommes partis chacun de notre côté, vacances et convalescence pour les deux. Histoires de cul sans lendemain pour les deux, assez traumatisante pour moi d'ailleurs, avec une espèce de beau gosse baiseur en série, qui m'a dit d'emblée qu'il comprenait qu'on puisse tromper son mari ou sa femme...
Septembre m'a trouvée bien fragile encore. Peur des mecs, peur qu'ils ne soient tous des salauds, soit des gars qui n'assument pas, soit des gars qui couchent partout, sans se protéger, et trompent à tour de bras. Prise de vertige soudain, avec l'impression que jamais on ne m'aimera vraiment, que jamais je ne pourrai baisser la garde, que jamais je ne pourrai retrouver la belle confiance perdue aux alentours de 2005 dans les bras d'un vieux con. Et la présence de M. Voisin, avec la reprise de nos soirées télé, et le besoin croissant l'un de l'autre.
Je réalise alors que j'ai besoin de lui. Que je suis bien avec lui. Qu'il me rassure. Que je suis moi avec lui, sans chercher à emprunter des chemins détournés pour lui plaire. Qu'il me fait rire. Qu'il est doux. Qu'il ne me mentira jamais. Que je ne lui mentirai jamais. Qu'il est le roc qui me manque. Que je pourrais bien être le roc qui lui manque.
Et de nouveau pour lui, l'hôpital, l'opération. Et tout devient une évidence. Tellement j'ai peur de le perdre... Envie de le protéger, d'apaiser ses souffrances. De prendre la première place. Début octobre, tournant majeur, M. Voisin devient mon Namoureux. Pendant près de deux mois, nous ne disons rien à personne, nous vivons en cachette, je n'ai qu'à descendre, il n'a qu'à monter, personne ne le sait.
Et aujourd'hui, bientôt 6 mois. Et beaucoup de choses ont été bouleversées. J'ai accepté de m'ouvrir davantage, de ne plus être si dure, enveloppée dans ma carapace de souffrances du passé. Je peux supporter les disputes. Je n'ai pas peur de ne plus pouvoir me passer de lui.

Et puis comment pouvais-je passer à côté d'un homme qui me fait rire en faisant des grimaces, qui met des mots d'amour dans ma boîte à lettres, qui me prépare des gâteaux au chocolat et des madeleines au Nutella, qui est prêt à apprendre l'alphabet grec pour voyager avec moi, qui me dit que j'ai de belles fesses, qui me démêle les cheveux le soir avant de dormir, qui m'engueule quand je perds espoir, qui me résiste quand je suis chiante en me renvoyant dans mes cordes, qui est aussi susceptible que moi ?

Je crois à la loi de l'équilibre : après la merde, le bonheur. Mais c'est pour ça que j'ai encore peur : j'ai parfois l'impression que tout est trop beau et j'ai peur de ce qui peut m'arriver en échange...
Heureusement, j'ai une épine dans le pied depuis dimanche.

Posté par lucinette à 21:33 - Amor - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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